Le diabète : Gare aux complications !
  LES JAMBES LOURDES Les veinotoniques soulagent vraiment les jambes lourdes
Les veinotoniques soulagent vraiment les jambes lourdesLes veinotoniques sont souvent considérés par les scientifiques comme des médicaments inefficaces et inutiles. Suivant cette considération, le gouvernement vient de réduire leur remboursement à 15% et annonce leur déremboursement total pour 2008. Pourtant, des milliers de personnes en prennent pour un vrai bénéfice : soulager leurs jambes lourdes. Comment expliquer ce paradoxe ?
Cela fait longtemps que le déremboursement des veinotoniques est annoncé. Déjà en 1999, ils avaient failli passer à la trappe et leur remboursement avait été ramené à 35%. Pourquoi ? Parce que leur Service Médical Rendu ou SMR était jugé insuffisant. Autrement dit, il est difficile d'objectiver un effet bénéfique de ces médicaments et cela rend délicate la justification de leur prise en charge par la société.
Et c'est vrai que les études scientifiques peinent à démontrer leur efficacité. A l'inverse, des médicaments agissant contre l'hypertension ou le cholestérol, pour lesquels il est facile de montrer une baisse des chiffres tensionnels ou une réduction du taux de cholestérol, il n'existe pas de symptôme mesurable des ' jambes lourdes '. Bien sûr la patiente souffre (car il s'agit le plus souvent d'une femme), bien sûr ses jambes sont gonflées, mais ces symptômes sont délicats à mesurer et ne plaisent pas vraiment aux scientifiques : il n'existe pas de chiffre normal auquel se référer et cela rend les expérimentations plus subjectives.
Les arguments indirects existent pourtant :
* dans la crise hémorroïdaire (pathologie veineuse aiguë par excellence puisqu'il s'agit d'une varice inflammatoire, et très douloureuse, au niveau de l'anus), les veinotoniques à forte dose sont très efficaces pour réduire la durée de la crise ;
* les études en laboratoire montrent un effet important des veinotoniques sur la tonicité des cellules endothéliales, ces cellules qui tapissent les veines et les artères ;
* les interventions et hospitalisations pour pathologies veineuses des jambes sont plus courantes quand les veinotoniques ne sont pas disponibles.
Les veinotoniques ont un dernier tort : ce sont des médicaments ' naturels ', constitués de flavonoïdes, synthétisés ou fabriqués à partir de plantes. Or ces flavonoïdes, on les retrouve effectivement dans toutes les plantes, notamment associés avec la vitamine C. D'où la tentation de conseiller de manger plus de fruits et légumes… Mais les veinotoniques sont des concentrés de flavonoïdes et toute la différence est là.
Pourquoi faire l'apologie des veinotoniques alors qu'au bout du compte ils vont être déremboursés et de facto abandonnés tôt ou tard ? Pour rappeler que tout ne se mesure pas avec exactitude en médecine et que les témoignages des patients sont aussi importants à prendre en compte. Pour regretter aussi l'insuffisance du dossier clinique de ces médicaments. S'agissant d'anciens produits, ils n'ont plus fait l'objet de recherches cliniques conformes aux nouvelles normes scientifiques. Leur dossier s'est progressivement vidé et l'on peut aussi comprendre la position de la Haute Autorité de Santé quand elle préconise leur déremboursement.
Le gouvernement a donc fait un jugement de ' Salomon ' : un sursis de trois ans au lieu d'un déremboursement immédiat. Pour remettre à jour le dossier clinique ? Non, pour laisser le temps aux industriels d'organiser la reconversion de leur production. La disparition des veinotoniques est ainsi programmée : ils seront regrettés et c'est dommage.
Dr Philippe Presles
SOURCE: e-santé.fr |
| Mais les résultats de l'enquête Entred laissent apparaître une réalité bien moins satisfaisante2…
* La rétinopathie diabétique constitue la première cause de cécité dans les pays industrialisés avant l'âge de 65 ans5. Détectés précocement par un examen de fond d'oeil, ces troubles peuvent être bien traités par laser. Une fois les complications survenues, il est souvent trop tard, d'où la nécessité d'un dépistage annuel. Selon l'enquête Entred, moins d'un patient sur deux a bénéficié d'un examen ophtalmologique en 2001 ! En plus de la nécessaire sensibilisation des patients et des professionnels de santé, un tel dépistage se heurte à la pénurie d'ophtalmologues. "Nous plaçons beaucoup d'espoir dans la généralisation des rétinographes, des appareils de dépistage très simple et utilisables par des paramédicaux (orthoptistes, infirmiers…). Actuellement, trois régions en sont équipées et nous espérons une couverture nationale d'ici 2006" nous précise Jean Mérel, président de l'AFD, confirmé par le Pr. Vexiau. * La neuropathie périphérique diabétique constitue la première cause d'amputation non traumatique, car elle prédispose aux plaies des pieds en provoquant une perte de sensibilité6. Selon les déclarations des diabétiques, seulement un patient sur cinq a bénéficié d'un dépistage adéquat des lésions des pieds2. "Beaucoup de travail reste à faire dans ce domaine. Aujourd'hui, les soins podologiques sont pris en charge dans le cadre des réseaux de soins diabète. Cela ne représente pour le moment que 18 à 20 000 diabétiques, mais c'est un bon début. Par ailleurs, de plus en plus de pédicures-podologues se forment à de tels dépistages (1 000 sur les 9 000 en France). Autant d' indices qui nous permettent d'être raisonnablement optimistes" estime Jean Mérel. * La néphropathie diabétique, l'atteinte des reins liée au diabète, devient dramatique. C'est la seule cause d'insuffisance rénale terminale conduisant au rein artificiel (dialyse) qui augmente en fréquence actuellement dans tous les pays industrialisés. "Le diagnostic de l'atteinte des reins par le dosage de la créatinine sanguine et plus encore par la recherche précoce d'albumine dans les urines est très largement sous évaluée (moins de 20 % pour la microalbuminurie)" précise le Pr. Vexiau.
Seuls des dépistages réguliers et un bon suivi du traitement peuvent permettre d'éviter les complications du diabète. Améliorer le suivi des patients
Face à ce bilan, il apparaît donc urgent d'améliorer la prise en charge des complications du diabète. Selon les experts, l'accent doit surtout être mis sur la médecine générale. En effet, 92 % des diabétiques sont suivis par leur généraliste7. "Chaque médecin généraliste soigne en moyenne dit-on 10 à 15 diabétiques, en fait probablement plus de 20, compte-tenu du nombre de médecins généralistes en activité et du nombre de diabétiques (plus de 2 millions !). Il est le pivot central du suivi, du traitement et de la prévention des complications du diabète. Pourtant, certains examens capitaux sont encore insuffisamment prescrits. C'est particulièrement le cas de l'hémoglobine glycosylée (ou HbA1C ou A1c). |
| Alors que cet examen devrait être effectué tous les trois mois, les deux tiers des diabétiques n'y ont pas régulièrement recours !" s'emporte Jean Mérel. L'Association française des diabétiques (AFD), l'Association de langue française pour l'étude du diabète et des maladies métaboliques (Alfediam) et l'Institut Aventis ont lancé différentes campagnes de sensibilisation autour de cette "boîte noire de la glycémie". L'HbA1c permet d'évaluer le taux de glucose sur une période de trois mois. Sa valeur doit être inférieure à 7 % afin de réduire au mieux les risques de complications.
"Mais le généraliste n'est pas le seul recours, le patient est le premier acteur de sa propre santé. Grâce à la mobilisation de tous (professionnels de santé et diabétiques), il sera demain possible de mieux prévenir les complications ou de mieux les maîtriser. Au sein de l'AFD, nous travaillons chaque jour à cette prise de conscience" conclut Jean Mérel.
Par ailleurs, de nouvelles recommandations concernant le traitement du diabète devraient paraître être publiées en juin prochain par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
David Bême
1 - Afin d'avoir une image représentative des diabétiques, l'étude Entred (Echantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques) a inclus 10 000 diabétiques tirés au sort. Les premières analyses portant sur les complications concernent 3 648 patients et leurs 1 718 médecins. 2 - BEH 2005 ; 12-13 : 45-52 3 - JAMA 2004;24;292(20):2495-9 4 - Recommandations de l'Agence nationale d'accréditation en santé (mars 2000) 5 - Diabetes Care 2004;27:2540-53 6 - JAMA 2005;293:217-228 7 - BEH 2003;49-50:238-9
Article : http://www.doctissimo.fr |
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