La Martinique scrutée à la loupe depuis le ciel
 La Martinique scrutée à la loupe depuis le ciel |  Le projet Litto 3D est en cours : une première mission aérienne de cartographie des terres a été effectuée en début d'année. D'ici la fin du mois, ce sera le tour des fonds marins proches des côtes. La carte finale sera un outil précieux pour l'avenir de l'île.
Submersion du littoral, aménagement du territoire, connaissances des fonds marins : autant de domaines (et il y en a bien d'autres) où une simple petite étude locale ne suffit plus, où une vision globale s'impose, où les décideurs doivent pouvoir agir en connaissance de cause... Litto 3D : ce projet scientifique s'apparente à une révolution. Techniquement, il a été élaboré par l'IGN et le SHOM. Le premier organisme est spécialisé dans la cartographie terrestre, le second, entre autres, dans la cartographie marine. Objectif : élaborer une carte précise de l'ensemble du littoral français, DOM inclus. En Martinique, vu la petitesse du territoire, il a été décidé d'étendre ce travail à l'ensemble de l'île. Au début de l'année, un avion de l'IGN est venu passer au laser le territoire. A la fin du mois de mai, c'est un avion d'une société australienne sous-traitante qui terminera l'acquisition des données, en se chargeant de la mer. Environ 800 km2 vont être passés au peigne fin, au moyen d'un laser, soit vert, soit infrarouge. La mission durera environ deux semaines. Et l'avion volera à une altitude comprise entre 360 et 670 mètres. Les fonds marins seront ainsi précisément cartographiés, jusqu'à 30 mètres de profondeur.
Disponible en juillet 2011
C'est un vrai bond dans la connaissance qui va être fait : on passe en quelque sorte du croquis au plan de haute précision. « Auparavant, nous avions d'excellentes données, mais sur des zones réduites et à des coûts très élevés » , explique Vincent Lamarre, chef de projet au SHOM. « Ou bien nous pouvions avoir une vue plus globale, mais de mauvaise qualité. Désormais, nous aurons une vision continue entre la terre et la mer et de manière précise » . L'avion est un excellent scrutateur, comparé au bateau : non seulement les missions sont courtes, mais des zones inaccessibles, comme les récifs de coraux, peuvent être observées. Outre le balayage laser, des photographies aériennes sont prises. « La carte finale ne rendra compte que des sols et des fonds marins, de manière dépouillée » , poursuit Vincent Lamarre. « Mais les données acquises seront beaucoup plus importantes » . David Flamand, chargé de mission à la direction régionale de l'Environnement confirme. « Les images et les données vont nous fournir une bonne connaissance du milieu et de la structure des fonds marins. Nous pourrons aussi établir des modèles de courantologie, afin de connaître la dispersion des pollutions industrielles, des pesticides et des eaux usées qui viennent de la terre » . Enfin et surtout, ces données vont permettre d'affiner terriblement la connaissance des risques, notamment en ce qui concerne la submersion du littoral, par exemple lors de houles cycloniques, comme Omar en 2008. Les zones les plus à risques (tsunami, mouvements de terrain, inondations, etc.) seront mieux connues, au moment même où les plans de prévention des risques (PPR) sont en cours de révision. Les cartes et données devraient être disponibles en juillet 2011 et elles seront en utilisation libre pour l'ensemble de la sphère publique. La Martinique disposera donc de sa cartographie complète à un instant T, ce qui lui permettra, par la suite, de mieux visualiser les changements : les mouvements des sédiments ou les effets du réchauffement climatique par exemple.
Source : franceantilles.fr |
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